Tor des Geants

Endurance Trail 330 km - 24000m D+11-18 September 2016

Stéphane Couleaud

Thu, 12/07/2012 - 16:37 -- Visitatore (not verified)

“La malédiction Bonatti”

La course n’est vraiment finie qu’une fois la ligne d’arrivée franchie. Tout le monde passe par des moments difficiles se manifestant parfois peu de temps avant l’arrivée. L’année dernière, Couleaud occupait de manière bien décisive la quatorzième place au niveau du sommet Malatrà, la dernière grande difficulté du Tor des Géants, avant la piquée finale vers Courmayeur.

Euphorie, enthousiasme, ou tout simplement le destin : en pleine descente, il se bloqua l’adducteur de la jambe droite. Impossible de continuer dans de telles conditions, même si l’arrivée était toute proche, à portée de main, même s’il croyait entendre le son de la victoire.
Il lui a fallu une quinzaine d’heures pour terminer les derniers 10 kilomètres de la course dont treize passées sur un brancard au refuge Bonatti, avec de la glace sur la cuisse.

Cette année, « Super-Steph » se représente au Tor avec la ferme intention de finir dans les vingt premiers, voire pourquoi pas de faire partie des dix premiers.
Il est au plus haut de sa forme, et les meilleurs qui le devancent se retirent les uns après les autres. Au Malatrà, il est presque troisième après la disqualification de Gazzola et la profonde crise que doit affronter Le Saux.

Mais la « malédiction de Bonatti » est sur le point de le frapper à nouveau. Grand froid sur Malatrà après le coup de chaleur subi l’après-midi à St. Rhemy : Stéphane entre au refuge tout frissonnant. Il voudrait s’arrêter, mais les bénévoles lui font un accueil chaleureux en criant : « Tu es troisième ! Tu y es presque ! ». Il repart, mais un peu moins d’un quart d’heure après il tombe à terre, épuisé. « J’ai mis tout ce que j’ai avec moi » dit-il, je n’ai jamais été aussi content d’avoir emporté tout le matériel obligatoire ».

L’espagnol Pablo Criado a été le premier à le secourir et à le raccompagner jusqu’au refuge, où Couleaud abbandonera la compétition. « Le Tor est déjà une course difficile à gérer. Si on la fait pour atteindre un résultat sportif, c’est comme courir sur une lame de rasoir. Je suis habité par deux personnalités: celle du montagnard prudent qui réfléchit et celle du ‘compétitif’ prêt à tout ». Avec le manque de sommeil, on devient moins lucide et l’on se met à faire des choses totalement absurdes, c’est-à-dire dangereuses et qui sont dans tous les cas irrationnels. »

STEPHANE COULEAUD
dossard 37 au Tor des Géants 2011
Spirito Trail, Novembre 2011 / extrait