Tor des Geants® - Tor des Glaciers - TOR130 - TOR30

Endurance Trail 450, 330, 130 e 30km 11-20 September 2020

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TOR eXtraordinary | Luca Papi - Vainquer du TOR450

Mon TOR450 - Tor des glaciers

Comment dire… Comment résumer l’intégralité d’une course qui a duré 134h et 10’… 5 jours et 6 nuits complètes… Des rencontres à plus en terminer… C’è long à récrire.


La course démarre le vendredi soir, 20h au Jardin de l’Ange à Courmayeur, pour faire une boucle de 450km et 32000 m de dénivelé positif environ… Les premiers devraient être de retour en environ 96 h, le mardi à 8h00, pour ce qui me concerne je table plus sûr le mercredi à 20h00 et j’espère terminer avant la fin de la 6ème nuit, le mieux ça serait de pas voir cette dernière nuit et de finir seulement 24h après le premier, voilà mes ambitions… Gagner ça reste un beau rêve, impossible pour moi de tourner aussi vite ! Ce que j’ai toujours dit, la base : “fais ta course, la tienne, écoute toi, passe un bon moment… Les autres feront ta place, ta place ne t’appartient pas, et si tu la joues, tu vas juste risquer de rater ta course.”
Je pars donc tranquillement, au deuxième km c’est un gros cafouillage, je fais demi tour car tout le peloton a suivi la voiture ouvreuse et est sorti de la trace, ça commence bien.
Et oui on navigue sans balisage et GPS au Tor des Glaciers.
On commence à monter et petit à petit tout le monde nous rejoint sur le chemin, y en a qui arrivent de droite et de gauche, l’essentiel est de se retrouver.
La première nuit se passe bien, ravito léger aux refuges Maison Vieille, Elisabetta et Deffayes, et première grosse difficulté en fin de nuit au col de Planaval: ce col est très difficile en fin de montée, avec des passages exposés, à flanc de paroi avec des chaînes, et aussi en début de descente qui est très technique et avec un chemin qui se devine à peine… Et le tout sûr des roches humides et gelées donc bien glissantes. Au village de Planaval la trace passe devant un bar: l’occasion de se faire un petit cappuccino (et oui on est en Italie) avant d’attaquer la montée vers le Rifugio degli Angeli à 2916m et le col qui va avec… Au refuge on y arrive en petit groupe, je ferai toute cette partie un peu avec un ami français et un peu avec Luca, italiano, les deux habitués de longues distances, on passe des bons moments.  Aux refuges précédents on aura croisé quelques coureurs, ce sont bien les seuls moments, cette première journée, où l'on va croiser un peu de monde en course, je me dis qu’il faut en profiter pour papoter un peu car après ça risque d’être compliqué, les écarts vont se creuser.
10h40 on arrive au refuge et on a droit à notre 1er repas chaud, des pâtes.
Le premier, il est déjà 1h30 environ devant nous, il avance bien.
On repart tranquillement après 10’ avec Luca, environ en 5ème position de mémoire , on avance doucement car ça va être long. Une belle boucle dans la vallée suivante, on descend en fond de vallée avant d’attaquer la remontée vers le Rifugio Bezzi, c’est au début de cette remontée que je prends congé de mon compagnon, et je part dans ce faux plan direction du refuge en trottinant, le terrain s’y prête et je me sent bien, les sensations sont très belles.
Ni une ni deux, voilà le refuge… Avec à l’intérieur les 2 et 3ème qui se restaurent, un plat de pâtes, un peu de boissons et me voilà reparti avant eux ! Maintenant je suis environ 1h derrière l’espagnol qui est en première position, je n’en espérais pas tant, je ne pousse pas énormément et il reste encore énormément de temps, je garde mon rythme (en plus 1050 m/h en montée c’est pas si mal).
Belle montée puis belle descente, plutôt roulante, vers le Rifugio Benevolo, joli refuge dans un coin sympa, je croise Joachim, un journaliste avec qui on avait parlé la veille, il prend des photos.
Au refuge toujours un excellent accueil, des gardiens et bénévoles toujours aussi accueillants, le bonheur ! Et mon retard sur le premier qui est descendu à 30’ environ, top! Après l'énième plat de pâtes, je repart de bon train vers la prochaine montée, du côté du col du Nivolet.
La prochaine surprise je vais l’avoir au Col Rosset 800 de d+ et 6km après le refuge, où j'aperçois un concurrent juste quelques minutes devant moi. C’est l’espagnol qui menait la course depuis un moment. Je le rejoins dans la descente qui va nous mener au refuge suivant, ou on va dîner avec les clients de ce refuge entre Italie et France, on repart ensemble en ce début de nuit et on fera route commune un bon bout de temps, on papote bien, c’est un gars sympa.
On termine la descente et on passe le pont Valsavarenche, fond de la vallée, les prochains ne doivent pas être très loin, puis un petit morceau de plat roulant, ça avance bien.
Dans la montée vers le rifugio Vittorio Emanuele II je décide de reprendre mon rythme de croisière et je laisse mon compagnon de route en arrière: à ce moment là je passe seul en tête de la course, ça fait un peu plus de 24h, je n’ai pas d’illusions le chemin est encore long, on est à peine à plus de 100km sûr les 450km totals et derrière il y a de très bons coureurs, tels que Masahiro Ono, plusieurs fois top 5 du TOR330 et très aguerri. Bref… Le but premier reste le top 100, autant dire, avec 98 partants, que le but est avant tout de terminer. La seule chose que je me dis à ce moment-là, c’est que la vraie course ne fait que commencer. Et que je dois me préparer à passer un bon et grand moment tout seul.
J’arrive donc seul au Rifugio Vittorio Emanuele II, où l’assistant de Luca est en place, on papote un peu pendant que je mange un plat de pâtes, puis direction le Rifugio Chabod, accueil très chaleureux également, je me ravitaille vite, je repars, et je monte rapidement vers cette partie technique et tant redoutée par pas mal de monde: le grand Neyron. N’ayant pas préparé ma course ni reconnu le parcours j’attends ça avec impatience, Luca et d’autres concurrents m’en ont parlé en course. Et je ne vais pas être déçu! La fin de la montée est bien verticale, rendue difficile par la neige qui est récemment tombée, en haut deux guides m’attendent, vérifient mon état de forme. Et m’indiquent le chemin: « par là » en me montrant une chaîne, qui descend à la verticale entre deux rochers, je ne vois pas le bout.
Bah, on y va alors, d’autant plus que il y a plein de stalactites de glace et qu’il commence à neiger. Et c’est parti pour une descente de 1 km en 52’ et quelques centaines de mètres de d- sûr une belle vía ferrata gelée, quoi demander de plus? Autant dire que ce n'est pas là que je vais prendre de l’avance. La fin de la descente dans un beau pierrier, très raide aussi, rendu pratiquement impraticable par la neige : du bonheur !
Fin de la descente on retrouve le parcours du TOR330, et malgré la tempête de neige au final le col Loson paraît d’un coup une belle balade, le repos après la partie difficile! Je me dépêche de monter puis redescendre du sommet de ces 3299m avant que la neige n’efface le chemin. J’arrive à bon train au Rifugio Sella, on m’attendais, petit déjeuner rapide, on papote un peu avec les bénévoles et c’est reparti, je ne suis pas fatigué, je n’ai toujours pas dormi, tout va bien.
La partie suivante est sûr un joli chemin en balcon qui va m’emmener au fond de la vallée qui va elle m’emmener à la première base vie : Cognes, au km 160, j’y arrive vers 8 ou 9h, ça va faire 10 ou 12h maintenant que je suis seul en tête, aucune idée d’où sont les autres.
À Cognes je me ravitaille bien, je récupère cette pomme  japonaise qu’une gentille asiatique m’avait donné avant le départ, de son jardin, elle est très bonne et juteuse, à ça je rajoute un énième plat de pâtes mais surtout fromage, yaourt et raisin. C’est top!
Céline, Vivien et maman arrivent peu avant mon départ, je change de chaussettes et je mets mes nouvelles chaussures, puis je repars tranquillement, le prochain passage va être long et avec 20km, 1800m de d+ et 800 de d- je vais y passer un bon moment. Je suis toujours pas fatigué, j’ai toujours pas mis rien d’autre que mon coupe vent par-dessus mes short et t-shirt, j’ai eu un peu froid mais sans plus dans la nuit et tout va très bien. Alors j’avance.
Et me voilà donc reparti après une bonne pause (45’ environ), bien rechargé, il fait jour, beau mais pas trop chaud, tout va bien. La prochaine section sera relativement courte (60-65km entre les deux bases vie) mais le prochain ravito, le Refuge Miserin, n’est pas à côté, il faudra y aller par un autre côté différent par rapport au chemin du TOR330, toujours en passant par la Fenêtre de Champorcher, mais cette étape fait de même 20km pour 1800m de d+ et 800 de d-, autant dire que ce n’est pas la porte d'à côté.
J’attaque donc cette première et longue montée de 13km et 1300m qui va me conduire jusqu’au Pas d’Invergneux, ça va me prendre un peu plus de 2h, j’avance toujours avec un bon rythme, passé ce premier col il fait à nouveau froid, je remets mon coupe vent, le terrain est très roulant, ça avance bien, un peu de plat puis j’attaque la dernière montée jusqu’à la Fenêtre de Champorcher ou un randonneur m’attend: il sera bénévole et serre file dans la fin de la semaine et là il tenait à voir passer au moins les premiers coureurs, il va me suivre dans la descente jusqu’au refuge, ça me fait un peu de compagnie. Youpie!
Au refuge j’y arrive vers 14h ou 14h30 je dirais, soit environ 4h-4h30 après Cognes, c’est correct. Le personnel est très très sympa comme partout ici et de plus j’ai droit à toute la carte : c’est excellent! Ni une ni deux mon choix est fait: ça sera polenta avec salsiccia: un peu piquant mais Qu’est-ce que c’est bon! Je mange ça rapidement et je pars me coucher : première vraie pause de la promenade, au bout d’un peu plus de 40h, le fait de manger au chaud ça aide, et du coup ça sera au réveil que le premier moment de vérité va arriver: si j’arrive a me mettre dans mon rythme et faire une sieste réparatrice ça sera tout bon pour la suite! La gardienne me ramène dans un dortoir, vide car forcément à 15h pas de touristes, et 1h40 après elle viendra me réveiller, fin, je commence à me connaître, je me suis endormi quasi instantanément et j’étais réveillé depuis 5’ quand elle est arrivée: du sommeil profond, j’ai rêvé dès le début, parfait! C’est comme si j’avais passé une nuit complète! Je récupère la montre qui était en train de charger et après avoir salué et remercié tout le monde je repars tranquillement dans la descente. 3 km après un nouveau refuge, j’ai pas besoin de gran chose, je m’arrête dire bonjour et je profite pour me faire un bon chocolat chaud comme seulement en Italie on en fait, non, deux chocolats chauds! Et je repars aussitôt dans la prochaine portion, elle aussi assez longue, qui va m'emmener au dortoir Vieux Crest en descendant à Chardonnay puis en remontant le col Fricolla, pour un total de 23 km, 1700m de d+ et surtout 2700 de d-, j’espère que la descente après le col ne sera pas trop technique.
La première descente, vers Chardonnay, je la connais et se passe très bien, elle est roulante, et au village voilà la première bonne surprise : Céline, Vivien, ma maman et Rossano sont là pour me voir passer et m’encourager ! Quelques mots, quelques photos et voilà aussi le moral au taquet pour la remontée! J’attaque donc cette montée, longue et facile jusqu’à environ 2 ou 3km du sommet, ou je me retrouve dans un bon pierrier, la nuit commence à tomber, j’avance difficilement sur le dernier km car j’ai du mal à trouver les kairns, mais ça passe, j’arrive au Col Pile quand il fait noir, il doit être 20h30 environ, plus qu’à descendre vers le ravito, et remonter un peu! La descente est une fois de plus très difficile au début avec de gros cailloux, bien engagée, puis roulante, j’avance bien, au fond de la descente ça longe un canal, il fait frais, la trace fait une virgule en aller-retour de 50m qui ne sert à rien et du coup je continue mon chemin, 500m de plat puis ça remonte bien… 2km après et 300m de d+, 30 à 45’, j’ai la bonne idée de regarder le road book… ça fait déjà environ 26km ça devient long ! En effet… la virgule qui sert à rien était l’aller retour vers le ravito, boulet que je suis-je l’ai tout simplement sauté! Le prochain sera environ dans 8km, 1500M+ et 1000M-… je peux avancer car j’ai un plat lyophilisé à boire dans le sac et que je suis à côté d’une fontaine. Il me reste qu’appeler l’organisation pour savoir si je ne dois pas retourner pointer, ça serait dommage d’être mis hors course pour ça! Coup de fil passé : « on a vu la trace de ta balise, ils t’ont vu passer au loin… si tu as pas faim tu peux avancer!» Avanti ! Il est 23h45 (heure de mon appel) , la nuit est belle, tout va bien. Le but est d’arriver au Rifugio Bonze avant 4h du matin car c’est l’heure ou je risque d’avoir envie de dormir.
Le début de la montée est raid mais passe bien, s'ensuivent une série de prairies ou le chemin n’est pas marqué, ça ralenti la cadence car il faut être en permanence sur le GPS. La progression est lente: un premier col, la descente, puis le sommeil arrive bien avant le refuge. Je me rappelle plus grand-chose de ce morceau de chemin, à part la petite pause assis sur un rocher de 2’ après quoi je suis reparti à contre sens (voyant la distance jusqu’à l’arrivée augmenter sûr le GPS je m’en suis rendu compte de suite) et les moments de somnolence en marchant puis les ponctuels réveils au bord de falaise qui ont suivi. L’arrivée au refuge a été la bienvenue, l’accueil chaleureux avec une excellente soupe et la sieste d’1h30 indispensable, plus qu’à repartir !
La descente vers Donnas est agréable, j’en ai profité pour passer 2h au téléphone avec les copains et oui depuis maintenant 36h je suis seul et du coup je m’occupe comme je peux, j’ai besoin de parler un peu.
L’arrivée à Donnas  au km 226 c’est aussi une belle fête, on m’y attend depuis longtemps, il y a du monde, il est environ 9h du matin, je me ravitaille, fais le plein du sac et d’eau (2ème fois depuis le début de la course), il y a du raisin, pâtes, parmesan, charcuterie… bref… c’est le rêve! La famille arrive un peu après, je me fais soigner les pieds par les bénévoles, rien de méchant juste 2 ou 3 ampoules suite aux pieds mouillés, je change de chaussures et me voilà reparti, il est 10h20 environ, Vivien (mon fils de 20 mois) me pousse pour repartir du ravito.
DONNAS-GRESSONNEY
Le début de la prochaine étape est dur, elle fera 20km avec 3100m de montée et 1200 de descente. Il fait chaud, à Perloz après le ravito du TOR330 qui est ouvert (le premier n’est pas loin!) je m’achète une glace (un liuk : sorbet citron et bâton en réglisse) puis je repars avec un bon train: le but, jusqu’à Gressoney, c’est clairement de distancer Masahiro Ono, le japonais qui me suit, 3h après moi, depuis 2 jours. 3h c’est rien, même si je ne joue pas le classement je suis quand même premier et ça serait sympa de garder la place!
La deuxième partie de la montée (12km et 2200m cumulés) je vais la passer relativement rapidement, le but est de prendre de l’avance et je veux surtout arriver au Rifugio Coda, en haut de la montée, avant le premier du TOR330 car à partir de là on va prendre le même chemin et ça serait sympa de le voir passer!
Mission accomplie, au Rifugio Coda j’y arrive en premier, plein de monde m’y attend à ce refuge qui donne d’un côté sur la plaine, de l’autre côté vers les montagnes, c’est un lieu emblématique de cette vallée, et l’ambiance y est excellente! Et le monde est là surtout car Oliviero Bosatelli aussi, en tête du TOR330, n’est pas encore passé, il arrive ! Le temps de prendre mon verre de lait avec les biscuits (souvenirs de mon enfance et des précédents TOR) le voilà arrivé! On se serre la main, puis je le laisse se ravitailler, il est dans sa course, suivi par deux autres concurrents et même s’il est ouvert et m’a l’air sympa je ne veux pas lui faire perdre du temps. Je repars aussitôt.
1km après le refuge, voilà que Bosa me rejoint, je tente de le suivre… et j’y arrive! On est maintenant ensemble, les deux premiers, et j’arrive à tenir la cadence imposée par ce champion, qui lui est talonné par les deux suivants à 10’ max, donc il ne traîne pas. Cette portion était pour moi lors des TOR passés que j’ai couru une des plus difficiles. Bah… là ça passe très bien, sur le Tor des Glaciers c’est l'une des plus faciles en effet!
On avance ensemble jusqu’au refuge suivant, un bon plat de pâtes sauce tomate et parmesan puis on repart à trois, le français qui le suit se joint à nous, après 30’ environ à 3 Bosatelli va avancer plus vite, je reste avec le deuxième jusqu’au premier bivouac,  puis je reste un peu derrière, à mon rythme je passe le deuxième bivouac et j’arriverai à Niel seul, il est environ 21h, et à ce moment mon poursuivant est tout juste parti du Rifugio Coda… j’ai plus de 5h d’avance!
À Niel il y a toujours une bonne ambiance, Lisa Borzani est là avec sa moitié, on s’assoit à table, les pâtes arrivent. Lisa m’aide à charger le sac avec des crostatine: gâteaux de pâte brisée et chocolat italiens, un autre souvenir d’enfance.
Dans la montée après Niel les parcours se séparent un petit moment, histoire de faire un petit col en plus, avant de reprendre le parcours du TOR330 au Col Lasoney et ce détour je vais m’en rappeler longtemps! Au moment où je traversais un troupeau de moutons, voilà que face à moi surgisse un patou… puis un’autre… et en quelques secondes je me retrouve entouré de 8 jolis chiens de berger blancs. Il fait noir et j’ai ma frontale allumée, je m’arrête, je baisse la tête en signe de soumission mais ça fonctionne pas, ils ne voient pas mes yeux, et ils n’ont pas l’air dressés, je panique pas et je leur fais face, il ne faut jamais se retourner c’est un signe de faiblesse, mais la c’est difficile je suis entouré, 10’ après je suis toujours au milieu de ce troupeau, je désespère, je tente le tout pour le tout et je fais tout ce qu’il faut pas faire: je met la frontale au max, lève les bâtons et les tape l’un contre l’autre et je fonce vers celui qui semble être le dominant en criant des insultes en italien. Un patou dressé m’aurait juste dévoré et là ils s’échappent! Après 15’ d’arrêt je peux reprendre mon chemin, il est minuit et avec la montée d’adrénaline je suis servi pour la nuit, c’è cool je vais pouvoir rester réveillé bien après Gressoney.
La descente est longue mais sans difficulté, le ravito d’Ober Loo toujours bien garni en fromages et l’accueil excellent, je m’arrête 2’ et direction Gressoney, ou je ferai quand même une pause de 50’, le temps de bien me restaurer et changer de chaussettes, je choisis bien mon matériel car il reste 170 km et c’est la dernière base vie et donc la dernière fois que je peux piocher dans mon sac: pas le droit à l’erreur pour les prochains 2 jours! Le 4ème du TOR330 arrive, il est un peu mal au point, je repars en trottinant, tout va bien, il est 6h et j’ai pas sommeil, prochaine pause à Sitten 14 km et 900m plus haut, un bon morceau!
Gressoney- Courmayeur!
À3km de Gressoney mon GPS va planter pour la seule fois de ces 450km, il me positionne 1km plus loin, de même pour mon portable. Le temps de m’en rendre compte et de me situer ça va me valoir une rallonge de 2 km en aller-retour et 25’ passés à chercher un chemin qui n’existe pas. Bref… fallait que ça arrive, il y a pire!
Le reste du parcours jusqu’à Sitten se passe bien, vers 7h je passe mes 1h30 de coups de fil habituels, ma chérie et maman dormaient et du coup on se retrouve à l’arrivée, elles ont pas eu le temps de venir à la base vie et ensuite on partira trop haut pour qu’elles me suivent.
Vers 9h j’arrive au refuge, l’accueil est aussi excellent que partout ici, je me ravitaille comme il le faut puis direction la chambre: il est l’heure de me reposer un peu! 1h30 et quelques rêves après on vient me réveiller: je suis en pleine forme! On m'a préparé un sandwich avec un excellent roast-beef pour la route et c’est reparti!
Dans la montée je me retrouve dans le brouillard, il fait froid mais ça passe bien, je suis toujours avec mon short et t-shirt, et juste mon coupe vent, et ça passe bien je fais un petit direct Facebook pour partager mes aventures avec ceux qui me suivent, ça fait passer le temps! La prochaine surprise sera en haut de la montée, après le Col Bettolina Superiore: je termine la montée, toujours dans le brouillard, et la trace m’envoie dans la descente et dans la descente il y a juste 30cm de neige, fraîche, c’est une descente caillouteuse et bien raide et la difficulté c’est qu’il n’y a pas de trace! A moi de deviner ou je peux poser les pieds, autant dire que je vais perdre un temps fou pour ne pas me mettre en danger, je pense aux suivants une fois que ça sera gelé et appelle l’organisation pour les prévenir, j’ai même pensé une fraction de seconde à faire demi tour mais non, j’avais pas vraiment envie! La descente fera 1 ou 2 km dans la neige et il y aura pour terminer un joli pierrier d’encore 2km, de quoi y passer 2h au total ! 2h pour 4 km!
Le reste de la descente est beau, un joli lac, des beaux paysages, ça se dégage, vers 14h j’arrive au Rifugio Ferraro, à Resy, pâtes en blanc, un sandwich pour la route et on est reparti, les suivants sont en train de partir de Gressoney, j’ai de la marge!
La montée suivante elle est belle et sauvage, des prés à vache, des cols, très variée et se finit dans les pistes aux pieds du Cervino, 3000m, ou on aura quelques bosse avant d’arriver au Rifugio Duca degli Abruzzi, il sera 21h30, la nuit vient juste de tomber à mon arrivée.
Je mange bien, polenta puis blanc de dinde et épinards, c’est excellent! Une deuxième assiette, une tisane et je pars me coucher, réveil 1h30 après, prêt pour la nuit!
Je repars à minuit après une dernière tisane, aux refuge ils ont été adorables, et hop un aller retour supplémentaire car j’ai oublié mes bâtons, le chemin jusqu’au prochain refuge se passe très bien, il y a quand même 16 km et 1500m de d+, j’arriverai vers 4h30 du matin, et le Rifugio Perrucca Vuillermoz est là, perché à près de 3000m: repas léger, lait et biscuits puis dodo jusqu’à 6h, et je repars jusqu’au col accompagné des deux bénévoles du refuge, la descente est gelée au début puis roulante, on continue jusqu’au joli lac en fond de vallée puis au Rifugio Prarayer 1000 m plus bas et une très belle et grande assiette de pâtes au pesto cette fois-ci avant de repartir! Il est 10h du matin, on est mercredi!
La partie suivante est plate puis montante, on repart pour 15 km et 1400m, à 500m du refuge, alpage Bionaz, un fermier (Elvio) me salue, puis me félicite de façon sincère et m’invite à rentrer, il est 12h30, le refuge est en vue mais qu’importe, je sais que je vais passer un bon moment! Et c’est le cas: il y a une grande tablée, tout le monde mange et Elvio me propose de me joindre à eux! Je vais y passer une bonne heure et découvrir que le frère de Elvio est une connaissance de ma mère, rdv est pris pour vendredi midi: on va venir manger chez eux après la course avec toute la famille! Au refuge je reprends un plat de pâtes et je m’allonge 5’.
La descente du Col du Mont Gelé est technique, j’y perd beaucoup de temps car il n’y a pas vraiment de chemin et le pierrier est difficile, puis une belle descente et 6 km de plat que j’avale en 35’, avant la dernière montée vers le Champillon, le refuge où je vais croiser les coureurs du TOR330 et les derniers du TOR130 - Tot Dret et manger un bon plat de pâtes à l’amatriciana.
Je repars en forme et j’avance vite, il reste 50 km et le deuxième, Victor Richard, belge qui a maintenant dépassé le japonais, est seulement à 3h de moi, faut pas traîner! Le Col Champillon passe bien, la descente aussi, et la montée vers le Col du Grand Saint Bernard je la fais presque toute en trottinant, c’est du joli faux-plat montant. La dernière partie est difficile, raide, dans vent et brouillard, et quand j’arrive au village je ne trouve pas le ravito: la trace nous fait traverser entre les quelques maisons, pas une lumière, personne en vue… j’appelle l’organisation, fin, j’essaie car pas de réseau, du coup j’avance, pas de chocolat chaud cette fois-ci! Le message de l’organisation qui me dit que le ravito est déplacé va réussir à arriver au moment où j’arrive au Rifugio Frassati 10 km après, on m’autorise à continuer après vérification de la trace GPS, Lisa est là et m’aide à recharger, elle me bichonne, on parle un peu puis je repars, reste 30 km, le Col Malatra n’est pas loin et ensuite ça descend! Il est 4h du matin, je repars motivé pour la dernière vraie montée, qui passe très vite! La descente se passe bien mais je fatigue, titube, je m’endors: il est l’heure! Je fatigue à arriver au bivouac fond de vallée ou je fais ma dernière sieste de 20’, les secouristes sont adorables!
Dernière montée puis descente jusqu’au Rifugio Bertone, dans les bénévoles je retrouve des têtes connues avec qui j’ai été bénévole sûr d’autres courses, je repars rapidement, il fait jour, le temps est beau et plein de monde est en train de monter, l’occasion de papoter un peu. Dans la descente je me remémore plein de moments de la course, je me dis que je vais bientôt retrouver la famille, je commence à croire que je vais vraiment terminer ce voyage et que je risque même de le gagner! C’est exceptionnel!
L’arrivée dans Courmayeur, au Jardin de l’Ange, sera inoubliable! Plein de monde m’y attend, c’est une belle fêt ! Et Céline et Vivien m’attendent juste après la ligne d’arrivée! Ça y est, je signe le tableau, reçois ma médaille: je suis finisher de ce TOR450 - Tor des Glaciers! Et le premier des finishers! Incroyable! Je ne sais pas si je réalise même maintenant l’ampleur de la performance accomplie, moi j’ai juste couru, souvent juste avancé, et pris énormément de plaisir dans la balade.

Si c’était à refaire je repars de suite!
Je ne remercierai jamais assez cette belle organisation pour m’avoir fait découvrir cette magnifique vallée, et tout le monde sur le parcours, bénévoles et valdôtains pour l’accueil unique et exceptionnel!
Merci à tous ceux qui m'ont aidé, suivi et soutenu durant cette magnifique aventure!